En réponse à « Le Marketing doit-il disparaître ? par Michel Mariet » #JTM

par marketingthema

Un billet intéressant a attiré mon attention sur la journée toulousaine du marketing qui a été organisée cette année autour du marketing et son évolution future. Ce billet a le mérite de poser la question si : « le marketing était voué à disparaître? » je trouve la question centrale et qu’il est salutaire de se poser cette question si la discipline veut se réformer pour espérer reprendre sa place en entreprise et dans la société.

J’avais écrit un billet de blog sur le même sujet il y’a plus de 16 mois « Le marketing à t’il réussi son « positionnement » et quelles pistes envisager?  » en Mars 2016 questionnant l’évolution de la discipline. Je suis d’accord avec la première partie de ce post et je pense que l’informatique mène la danse coté connaissance client et structuration des pratiques (SEO, Content Curation, Recommandation engines, etc), mais la seconde partie me laisse un peu perplexe. L’excès des productions conceptuelles inutiles, les modèles de comportement très contextualisés, la sophistication superficielle de certaines méthodes (SEM) ne doit pas masquer l’essentiel de la raison d’être d’une discipline: l’utilité et sa valeur ajoutée. La création d’un corpus normatif en marketing s’impose de plus en plus à l’instar de la Finance ou la qualité ou on organise les flux et activités dans des bilans, des mesures établies et figées, un référentiel de normes à appliquer par domaine, etc.

Il va falloir proposer des « metrics communs » et des standards de pratiques pour mesurer et auditer l’activité marketing et ses résultats. Deux acteurs peuvent contribuer: l’académique avec un organisme qui valide la définition admise de chaque concept psychométrique mobilisé du type DSM-5 pour les psychologues par exemple, et les relations clairement établies entre ces concepts ainsi que leurs conditions de validité. Ceci est la responsabilité de l’enseignement et la recherche, car pendant très longtemps l’enseignement marketing a produit du concept a volonté et a eu du mal à passer au stade suivant qui structure un savoir procédural normé et partagé.

Les diplomé(e) arrivent en entreprise avec des concepts et assez peu de méthodes et de vision sur comment articuler ces éléments, comment évaluer la situation d’une etse et l’auditer objectivement?

Ce que le marché du marketing vit aujourd’hui est à la croisé d’une évolution sociale (consumérisme) et d’une révolution digitale qui exige que le métier devienne plus technique et moins conceptuel. Il y’a  nécessité à revoir ce qui est écrit dans les manuels du marketing, leur portée pratique et surtout repenser le modèle de recherche qui va vers l’absurdité du « publish or perish » alors que tout le monde sait que c’est une logique de production de papiers sans aucun sens ni cohérence (une apparence) et non de recherche au sens noble du terme qui exige un débat et un cumul des connaissances dans une communauté.

Je rappelle l’excellent livre de Rolland Gori qui critique la recherche actuelle dans son format publish or perish et toute l’absurdité qu’elle génère et le non sens! même si c’est les plus prestigieuses universités au monde qui jouent ce rôle de « locomotives », ca ne doit pas impressionner le reste des chercheurs pour poser des questions sur le sens de ce système et la qualité de sa production. Un excellent livre qui traitait déjà à l’époque de questions similaires quand à la capacité à tracer ou non des phénomènes objectivement et de produire des règles et de la méthode en dehors du simple concept était apparu dans le début des années 1970 qui s’intéressait au même souci pour le cas de la sociologie, ce livre devrait d’ailleurs être recommandé dans toutes les lectures en PhD car il allie esprit critique vis à vis du savoir produit et questions épistémologiques. Sauf que si pour la sociologie par exemple le digital est un champ d’investigation qui lui permet d’observer de nouveaux comportements sociaux, et que la porté appliquée du savoir généré est secondaire, la production d’un savoir procédural est plus que nécessaire pour des branches comme le marketing ou la finance (disciplines appliquées et opérationnelles) et le digital est une menace qui transfère le leadership du marketing vers la technicité informatique qui commence à imposer des façons et des approches pour attirer le client ou comprendre le marché. Aujourd’hui les grandes entreprises qui proposent des solutions CRM, acquisition client, réseaux sociaux etc… ne sont pas inspirées par des marketeurs mais bien par des informaticiens. Le marketing a le moyen de proposer des réponses intéressantes, mais il va falloir réformer en profondeur la facon de concevoir l’enseignement et la recherche …. c’est un large chantier, mais il est primordial de le démarrer.

YB

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One Comment to “En réponse à « Le Marketing doit-il disparaître ? par Michel Mariet » #JTM”

  1. Tout a fait en phase avec la conclusion. Il en dérive que c’est au marketing de proposer son futur plutôt que laisser l’entreprise au sens large définir son champ d’intervention. Cette 2e option enfoncerait le marketing dans une dimension trés opérationnelle d’exécution. « le digital est une menace qui transfère le leadership du marketing vers la technicité informatique qui commence à imposer des façons et des approches pour attirer le client ou comprendre le marché » « les grandes entreprises qui proposent des solutions CRM, acquisition client, réseaux sociaux etc… ne sont pas inspirées par des marketeurs mais bien par des informaticiens »

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