Troisième courant épistémologique : Les théories comme des structures #Thema2

par marketingthema

A- Les programmes de recherche de IMRE LAKATOS (Le mi-chemin entre Popper et Kuhn), ou l’apogée du falsificationisme

Les théories doivent être considérées comme des structures. L’inductivisme avec les lois dérivées de l’observation, aussi bien que la logique falsificationniste de conjecture et réfutation échouent à expliquer clairement le développement des sciences (ex: Développement de la théorie de Copernic sur plus d’un siècle). Au delà de cet aspect historique qui nous amène vers une lecture des théories comme des structures évoluant dans le temps, la structuration des théories permet d’utiliser un jargon précis relatif à la théorie ce qui lui confère un aspect de précision et d’exactitude requis pour les sciences (parler de masse dans les lois de newton est précis, parler de démocratie c’est aborder un mot vague).

Les scientifiques travaillent dans le cadre de programmes de recherche scientifique qui comportent un noyau dur et une ceinture protectrice d’hypothèses auxiliaires. Seules ces dernières sont soumises à réfutation. Un programme de recherche est caractérisé à la fois par une heuristique positive (ce qu’il faut chercher et à l’aide de quelle méthode) et une heuristique négative (les domaines dans lesquels il ne faut pas chercher et les méthodes qu’il ne faut pas employer).

Un programme de recherche peut être progressif (générateur de connaissances nouvelles, capable de prédire des faits inédits et d’absorber les anomalies, gagnant en influence) ou régressif (devenu incapable de prédire des faits inédits, perdant de l’influence et des adeptes parmi les scientifiques). Des programmes de recherche concurrents peuvent donc coexister durablement, ce qui contribue à expliquer la vivacité des débats scientifiques.

Exemples de noyaux durs (infalsifiables définis par la communauté) :

Astronomie Copernicienne : Hypothèse que la terre et les planètes gravitent autour du soleil stationnaire, et que la terre tourne autour de son axe en un jour

Matérialisme historique de Marx : Le changement social s’explique par la lutte des classes et les détails de la lutte déterminés par l’infrastructure économique.

Lakatos critique la vue relativiste et défend le rationalisme en disant : « S’il n’y pas moyen de juger une théorie autrement qu’en évaluant le nombre, la foi, et la puissance vocale de ses partisans, alors la vérité se trouverait dans le pouvoir » et le changement scientifique devient un sujet de « psychologie de foules », et le progrès scientifique consisterait à se rallier au camp le plus fort.

Il est impossible d’établir la supériorité d’un programme de recherche ou sa dégénérescence car on sait jamais si nous sommes à l’aube d’une découverte majeure. Un bon programme doit (1- garantir une cohérence de sa définition 2- Avoir des succès de temps en temps)

A- Les paradigmes de recherche de  Kuhn : c’est quoi exactement ?

Kuhn mobilise l’histoire des sciences afin d’expliquer la dynamique des sciences non plus d’un point de vue uniquement cognitif, mais en tenant compte de facteurs sociaux. Si Kuhn n’est pas le seul ni le premier à avoir tenu cette position1, c’est son ouvrage majeur, La Structure des révolutions scientifiques, paru en 1962, qui est généralement considéré comme emblématique et véritablement fondateur de cette approche. (Caractéristiques sociologique des communautés scientifiques)

Il y développe la thèse d’une science progressant de manière fondamentalement discontinue, c’est-à-dire non par accumulation mais par rupture. Ces ruptures, appelées révolutions scientifiques, sont selon Kuhn analogues à un renversement des représentations des savants. Paradigme est nommé par Kuhn « Matrice disciplinaire »

Séquencement selon Kuhn : Pré-sience >> science normale >> Cirse évolution >> Nouvelle science normale >> Nouvelle crise

Un paradigme est difficilement définissable (Ce sont les lois explicitement formulées un peu comme le noyau dur de Lakatos).  Exemple : Paradigme Newtonien (contient les lois du mouvement de newton, appliqués aux mouvements planétaires, aux collisions des boules de billard, aux pendules, etc…). Un paradigme est toujours imprécis et extensible pour laisser la porte ouverte. On s’efforce donc à résoudre les énigmes qui se posent à l’intérieur du paradigme, si on y’arrive pas ceci ne falsifie pas le paradigme mais est considéré comme une anomalie.

Selon Kuhn c’est l’absence de désaccords qui permet de distinguer une science mure (permet la spécialisation en recherche) de pré-science en construction (ne permet aucune spécialisation car débat sur les fondements). Il y’aura autant de théories que de scientifiques qui la forment (Le cas de l’optique avant Newton et sa théorie corpusculaire) !

Le nombre d’anomalies graves et leur durée peut ébranler la confiance en un paradigme donné et précipiter son changement par un rival, ceci est annonciateur alors que le temps est mûr pour une révolution.

Exemple paradigme aristotélicien : L’univers est divisé en 2 domaines : supralunaire stable et inchangeable, terrestre changeant.

Les concepts de paradigme, de « science normale » et de « science révolutionnaire » forment la base du modèle kuhnien de l’évolution de la science. De façon générale, en s’appuyant ainsi sur une théorie des révolutions scientifiques, Kuhn défend contre Popper l’idée que les théories scientifiques ne sont pas rejetées dès qu’elles ont été réfutées, mais seulement quand elles ont pu être remplacées. Ce remplacement est pour partie un phénomène social (et donc imitatif), dans le sens où il engage une communauté de scientifiques en accord sur un agenda centré sur l’explication de certains phénomènes ou de certaines expériences. Cette communauté est dotée d’une structure qui lui est propre (conférences, publications…). Il n’est pas rare dans l’histoire que plusieurs écoles coexistent pour une même discipline scientifique, éventuellement dans une relation d’opposition et d’ignorance réciproque relatives, chacune abordant des problématiques communes à travers des paradigmes différents.

Il est aussi impossible selon Kuhn de déterminer la supériorité d’un paradigme par rapport à un autre, car les paradigmes rivaux sont « incommensurables ». Une conversion lente de la communauté scientifique démarre jusqu’à l’adoption du nouveau paradigme.

Kuhn insiste sur le fait que la science normale doit être non critique (des efforts des scientifiques à l’intérieur du paradigme doivent être faits pour l’enrichir et améliorer son degré d’adéquation avec la nature) pour ne pas empêcher la recherche approfondie.

Kuhn nie être un relativiste aussi,  mais a phrase « il n’ya point d’autorité supérieure à l’assentiment du groupe concerné » trahit sa pensée. Le plus important pour kuhn n’est pas le critère universel, mais plutôt si le domaine ou paradigme retenu est capable de donner lieu à une tradition de science normale (ceci ferait du crime organisé aussi bien que la philosophie des sciences) ! Popper a critiqué ce critère de démarcation proposé par Kuhn.

La pensée kuhnienne a toutefois été critiquée pour diverses raisons. L’évolution de la science comme Kuhn la représente, a le défaut de faire intervenir le concept de relativisme, qui consiste, schématiquement, à dire : « Toutes les opinions se valent. » ou encore « A chacun sa vérité. » Il est clair que du moment où la science s’obstine à se purger du poids de l’opinion et des préjugés, et à s’approcher le plus possible d’une représentation unique qui soit unanimement adoptée par la communauté scientifique, le relativisme doit être évité et rejeté.

Pour résumer, Lakatos voit le monde en terme de paradigme de recherche scientifiques, un ensemble de croyances partagés par les chercheurs d’une époque assez large et diffus dans lequel s’inscrit la science. La science avance alors dans une dynamique révolutionnaire au fur et à mesure, pour réaliser des changements de paradigmes ou de façon de voir le monde. Cette vision fait de la science un construit social dépendant de la communauté de chercheurs qui accepte à un moment donnée un certain nombre de fondements et postulats jusqu’à leur effondrement

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