Second courant épistémologique : Le falsificationnisme par Karl Popper #Thema2

par marketingthema

Le falsificationiste n’a aucun mal à admettre que l’observation est guidée par la théorie dont elle présuppose l’existence ! et il renonce à toute prétention d’établir la vérité des théories – ou leur vérité probable – à partir des faits d’observations. La science progresse par essais et erreurs (trial and fail), par conjectures et réfutations.

Une fois énoncés, les théories spéculatives (ou conjectures) doivent être confrontées rigoureusement et impitoyablement aux tests de l’observation est l’expérience ! seules les théories les mieux adaptés survivent ! une théorie ne sera jamais vraie, elle sera la meilleure disponible jusqu’à preuve du contraire !

La logique appuie le falsificationnisme : la fausseté des énoncés universels peut être déduite d’énoncés singuliers appropriés. Exemple : si on aperçoit une fois à un instant t à un lieu x que le corbeau n’est pas noir, la conclusion depuis cette prémisse devient que tous les corbeaux ne sont pas noirs et par conséquent il y’a effondrement de l’énoncé universel que les corbeaux sont tous noirs !

Toute hypothèse doit donc être falsifiable pour accéder au statut de loi ou théorie ! la logique doit autoriser l’existence d’un énoncé ou une série d’énoncés d’observation qui lui sont contradictoires, c’est à dire qui la falsifieraient si ils se révélaient vrais !

Exemples falsifiables : (Loi porteuse de valeur informative)

– il ne pleut jamais les mercredis       //  Les corps se dilatent quand ils sont chauffés

Exemples non falsifiables : (ne nous apprend rien sur le monde ! ils seront toujours vrais, le monde aura toute les propriétés  )

– Soit il pleut soit il ne pleut pas  // On peut avoir de la chance dans les paris sportifs

Popper affirme qu’une bonne théorie scientifique doit assumer le risque d’être rejetée (falsifiable), sinon elle n’a aucune valeur informative (c’est le cas de la psychanalyse de Freud ou la psychologie d’Adler, ou des théories sociales et psychologiques, comme pour l’exemple de l’horoscope et des paris sportifs on ne pourra jamais falsifier ces théories émises !)

Dans cette démarche, la théorie doit donc précéder l’observation4.

Il rejette cette méthode de l’induction et formule ainsi une critique méthodologique, indépendante de notre capacité à modéliser les raisonnements inductifs, l’induction étant un type de raisonnement courant d’un point de vue cognitif (voir à ce propos le théorème de Cox-Jaynes). Il va lui substituer le principe de la réfutabilité empirique (anglais : falsifiability). C’est ce principe qui va devenir le critère de démarcation entre science et non-science proposé par Popper.

Il peut être ainsi formulé : « Si on entend par énoncé de base un rapport d’observation, une théorie est dite scientifique si elle permet de diviser en deux sous-classes les énoncés de base :»

  • « la classe des énoncés qui la contredisent, appelés falsifieurs potentiels (si ces énoncés sont vrais, la théorie est fausse), »
  • « la classe des énoncés avec lesquels elle s’accorde (si ces énoncés sont vrais, ils la corroborent). »

Le critère de falsificabilité de Popper peut être apparenté dans son principe à un test de falsificabilité bayésien, hormis le fait qu’il travaille uniquement en logique discrète (vrai/faux) tandis que les bayésiens font varier les valeurs de vérité sur une plage continue de l’intervalle ]0;1[.

Plus la théorie est falsifiable meilleure elle sera. Autrement dit, plus une théorie fait d’assertions de portée très générale sur le monde, plus elle est hautement falsifiable. Exemple : a-Mars se déplace autour du soleil, b- Toutes les planètes se déplacent autour du soleil

La loi « b » nous dit tout ce que nous dit « a » et plus encore ! les falsificateurs virtuels de « a » forment une sous-classe des falsificateurs virtuels (potentiels) de « b ». Il faut toujours favoriser les théories hautement falsifiables

La falsificationnisme encourage les théories les plus spéculatives à condition qu’elles soient clairement formulées pour être falsifiables. La précision aussi est très demandée dans la formulation.

Les critères de scientificité de Popper posent problème dans les sciences humaines, où ils sont difficiles voire impossibles à appliquer. En effet :

  • l’expérimentation contrôlée y est la plupart du temps impossible, notamment dans les sciences sociales ; mais c’est le cas aussi en astronomie, paradigme de la science.
  • la comparaison de situations observées n’est pas probante car il est impossible d’être sûr que toutes les conditions sont les mêmes ; mais il faut procéder à des « analyses situationnelles », lesquelles intègrent des généralités de tout ordre.
  • il est difficile de séparer les effets des différentes causes qui interviennent dans les situations observées. Mais ce problème est tout à fait général.

Il en résulte que le critère de réfutabilité n’est opératoire que dans les sciences expérimentales ou d’observation, comme l’astronomie ou l’histoire (observation critique des documents de tous ordres). Cette position est celle du dualisme méthodologique, selon lequel les méthodes applicables aux sciences de la nature d’une part, et celles applicables aux sciences humaines d’autre part, sont différentes. Elle est l’un des fondements de l’École autrichienne d’économie. Popper quant à lui soutient à la fois l’unité méthodologique de toutes les sciences, et la spécificité des sciences humaines, ou un « principe de rationalité » est souvent à l’œuvre.

Séquence du falsificationnisme : Problème sur le monde >> Théories et hypothèses >> Tests >> soit falsifié / soit corroboré >> Problèmes nouveaux >> progrès continue

On démarre depuis la théorie pour le falsificationnisme et non depuis l’observation !

Le falsificationnisme sophistiqué : Mise en compétition des théories avec une vision dynamique des sciences, une théorie nouvelle proposée sera meilleure si elle est plus falsifiable que sa rivale, et en plus si elle est capable de prédire un nouveau type de phénomène que l’autre n’avait pas vu ! (il n’existe pas de mesure de falsifiabilité, vu que les falsificateurs potentiels d’une théorie sont en principe illimités)

Il n’est pas nécessaire d’inventer des dispositifs « Ad HOC » pour défendre une théorie car ça ne passe pas auprès des falsificationnistes ! exemple « le pain est nourrissant » un jour dans un village des gens sont empoisonnés (théorie d pain falsifiée), alors on change la première assertion pour dire « le pain est nourrissant sauf pour le village ou les gens sont empoisonnés ».  La théorie modifiée est moins falsifiable que l’originale dans ce cas.

Si on modifié la théorie avec « le pain est nourrissant sauf celui qui contient un champignon x » le diapositif de test de la théorie change, à ce moment là ça devient acceptable ! et ça nous apprend quelque-chose de nouveau. Le vrai progrès scientifique résulte de l’un des deux cas : Les conjectures audacieuses sont confirmées (corroborées) sinon Les conjectures prudentes seront falsifiées. Autrement dit, une idée folle est vraie, ou une idée classique est fausse ! L’audace est relatif à un corpus de connaissance de l’époque en question, les inductivistes eux font des postulats ahistoriques, là encore la perspective historique des falsifactionistes éclaire le progrès scientifique.

Les limites du falsificationnisme : Il n’existe pas d’énoncés d’observation fiables, empiriquement parlant rien n’est sur, et par conséquent la falsification elle même sur la base d’énoncés d’observation faillibles ne peut être établie. Aussi, la complexité des situations de tests réalistes est assez dure à établir, pour reproduite des conditions de tests correctes, il y’a toujours moyen de trouver un procédé ingénieux pour éviter de falsifier la théorie. Autre point, L’histoire des sciences ne donne pas forcément raison a la logique falsificationiste, puisque beaucoup de théories auraient pu être falsifiées dés le début et ne verraient jamais le jour.

Pour résumer, le falsificationisme dit qu’une théorie est la meilleure disponible jusqu’à preuve du contraire, et la communauté de recherche doit s’acharner à la falsifier à travers le temps. C’est ce qui fera le progrès et dynamisme des sciences. Une théorie ne prétend jamais détenir la vérité absolue, elle sera juste la meilleure disponible à ce jour ! Le falsificationisme souffre du même souci de l’inductivisme quant à la faillibilité des énoncés d’observation, et l’histoire ne lui donne pas forcément raison dans la construction des théories !

One Comment to “Second courant épistémologique : Le falsificationnisme par Karl Popper #Thema2”

  1. merci pour l`explication maintenant j`ai compris le role du falsificationisme.

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