Premier courant ou programme : L’inductivisme « Naif » #Thema2

par marketingthema

Le savoir est issu des faits de l’éxpérience selon l’inductiviste « naif » ! la science commence simplement pas l’observation. L’induction consiste à se fonder sur l’observation de cas singuliers pour justifier une théorie générale ; c’est l’opération qui consiste à passer du particulier au général. Le problème est de savoir s’il peut être épistémiquement valide de croire que les théories universelles sont justifiées voire vérifiées par la seule prise en compte d’un grand nombre d’observations singulières passées.

L’énoncé universel/général = Somme (des énoncés singuliers) — A force de voir le caractère A se répéter chez les oiseaux B, ont dit que tous les B ont le caractère A

Un énoncé universel est construit sur 3 fondements : Nombre de répétitions important des énoncés singuliers + énoncés singuliers répétés dans un large nombre de conditions + aucun énoncé singulier ne doit être en conflit avec un l’énoncé universel

Séquence de l’inductivisme : Faits >>>induction >>>Lois générales >>>déduction logique >>>prédiction et explication

Si les prémisses (1) et (2) sont fausses la conclusion (3) le sera aussi ! exemple : si (1) est un énoncé singulier qui dit que l’animal observé est un chat, et que l’énoncé universel (théorie) dit que tous les chats ont 5 pattes (2), il y’a de fortes chances de conclure que le chat observé a 5 pattes (3) par déduction logique ! donc la logique n’a pas empêché l’erreur de conclusion !

On appelle conditions initiales, les énoncés décrivant avec précision la configuration de l’étude (dispositif expérimentaux), ce sont les conditions dans lesquelles le test ou l’observation s’est déroulée et il est déterminant de les conserver.

Inconvénients de l’induction « naïve »: nous pouvons déconstruire selon Chalmers la position inductiviste par les 3 fondements qui la constituent : Tout d’abord, aucun énoncé singulier ne doit être en conflit avec l’énoncé universel (comment justifier alors ce principe d’induction à partir de cette règle ?) :

Justification logique : comme pour le cas de la déduction, les arguments logiques sont valides si leur prémisse est vraie. la conclusion d’un argument inductif peut être fausse et ses prémisses vraies sans qu’il y’ait contradiction. Exemple: Ayant observé un grand nombre de corbeaux, dans des circonstances variées, qu’ils sont tous noirs, je conclue que tous les corbeaux sont noirs. les prémisses d’observations sont constitué de nombreux énoncés du type « le corbeau x a été observé noir à l’instant t » mais la logique n’offre aucune garantie logique que le prochain corbeau observé ne sera pas rose ! (Exemple de la dinde inductive qui croyait manger chaque jour à 9H, jusqu’à ce qu’un matin ils l’ont mangé — cité par Russel Bertrand)

Justification par l’expérience : « le problème d’induction » c’est l’argumentation circulaire inhérente à l’induction (le principe d’induction a marché pour le cas x1, le principe d’induction a marché pour le cas x2, ….. le principe d’induction marchera à tous les coups). (Poupées russes) ! Hume a dèjà réussi à démontrer ce problème de circularité (voir video)

Sur le premier et second fondement (clause du grand nombre et variété des situations) : combien d’observations faut t’il ? quels critères considérer comme variables significatives pour le test pour éliminer les variations « superflues » ? (varier la pression ? la température ? Le jour ? le lieu ? l’expérimentateur ? etc…)

Le repli vers la probabilité des inductivistes pour contourner les critiques : (Le soleil se couchera chaque jour ne sera pas forcément vrai parce que nous l’avons observé plusieurs fois dans des circonstances variées, en antarctique et arctique il y’a des jours ou le soleil ne se couche pas !). La connaissance scientifique n’est pas une connaissance prouvée, mais elle représente une connaissance qui est probablement vraie. On passe donc à une version probabiliste de l’inductivisme.

Le problème se pose lorsqu’on essaye de préciser le degré de probabilité d’une loi ou théorie en général, avec une théorie de probabilité standard, il est quasi-impossible de donner une probabilité d’un énoncé universel qui soit différente de 0 quelque soient les données ! La raison est simple, toute preuve par l’observation consistera en un nombre fini d’énoncés d’observations, là ou un énoncé universel prétend rendre compte d’un nombre infini de situations possibles. La probabilité pour qu’une généralisation universelle soit vraie est donc un nombre fini divisé par un nombre infini, quotient qui reste nul ! aussi élevé le nombre d’énoncé d’observation constituant la preuve.

Parmi les voies pour contourner ce problème de quotient nul, le fait de privilégier la probabilité que les énonces singuliers soient corrects au lieu de chercher à donner une probabilité aux énoncé universels (Ex, quel est la probabilité que le soleil se couche se soir ? au lieu de quelle est la probabilité que le soleil se couche chaque jour). Ceci n’atténue pas les défauts de l’inductivisme « naif » mais ne le réfute pas complétement non plus.

La dépendance de l’observation par rapport à la théorie :

L’inductivisme se base sur 2 éléments clés : (  L’observation fournit une base sure // La science commence par l’observation)

L’observation fournit t’elle une base sure ? pas si sur que ça ! ;) Nous percevons le monde qui nous entoure avec nos 5 sens, prenons le cas de la vision. Pour l’inductiviste nous accédons plus ou moins directement a certaines propriétés du monde qui nous entoure avec notre vue, si nous prenons 2 observateurs ils verront alors la même chose si on se tenait aux lois de la physique. Mais des éléments indiquent que 2 observateurs normaux voyant le même objet dans les mêmes conditions physiques ne verront pas nécessairement des expériences visuelles identiques ! la plupart d’entre nous verrons dans le schéma plus haut un escalier qui nous présente la face supérieure de ses marches, mais nous pouvons le voir autrement ! ces changements de perception sont involontaires, même si l’image rétinienne ne change pas ! donc le changement dépend que quelque chose d’autre. Hansen dans son ouvrage « patterns of discovery » cite plusieurs autres exemples (voir le dessin ci dessous) :

« Note the picture to the right. It’s a bear climbing a tree. Once you have that ‘theory’ in your mind, you see it instantly, but without that information you see, I dunno, some bugs climing a string or something. This is an example of observation being ‘theory laden’. Observation of x is shaped by prior knowledge of x. People see different things because they focus on different aspects of what is there, which invariably is multidimensional and so ambiguous. » Source : Hanson’s Theory Ladenness

Un jeu pour enfants avec une énigme est un autre exemple. Les enfants cherchent à trouver un visage humaine dans le feuillage d’un arbre.  Ce que voit l’observateur dépend donc de ses expériences passées, de ses connaissances et de ses attentes ! Un autre exemple, serait celui d’un étudiant en médecine à qui on apprend à établir un diagnostic depuis une radiographie X. Il ne comprendra rien au départ de ce que son professeur lui montre au départ comme amas de tâches et zone d’ombre, mais au fur et à mesure son oeil sera exercé et pourra capter les détails avec expertise.

Les énoncés d’observation présupposent donc une théorie ! et sont par conséquent tout aussi faillibles que la théorie qu’ils présupposent ! Des théories précises et clairement formulées, sont une condition préalable pour avoir des énoncés d’observation précis (exemple du mot « force » en physique qui détermine un concept précis dans le cadre de la mécanique newtonienne » ). Il est donc faux de dire que la science commence par l’observation.

Exemple : un enseignant montre un « morceau de craie » à côté du tableau, ceci peut être faux ! cet énoncé d’observation contient une généralisation élémentaire qui voudrait que tous « les bâtons blancs a coté de tableaux dans des classes sont des morceaux de craies » ! ce qui n’est pas forcément vrai ! l’enseignant doit donc procéder par étapes pour tester la vérité de l’énoncé, mais il plus le test sera rigoureux plus on fera appel à de la théorie et pis, on s’aperçoit qu »on ne pourra pas atteindre la certitude absolue ! il pourra passer la craie sur tableau pour faire donc un trait blanc, ce qui suppose une nouvelle généralisation (tout ce qui laisse des traces blanches sur le tableau est une craie), faire des expériences chimiques, etc…. donc on mobilisera de plus en plus de théories et généralisations !

Les observations et expériences sont faites pour tester et faire la lumière sur une théorie. Les inductivistes cherchent à contourner ces critiques en séparant le mode de découverte et le mode de justification.

Pour résumer  : c’est pas aussi simple que de dire, il suffit d’observer pour arriver à construire la science ! l’observation n’est pas suffisante, et elle n’est jamais indépendante de ce que vous savez et de ce que vous attendez à voir. Peut être qu’il vaut mieux commencer par construire des théories puis les confronter à l’observation !? allons voir plus loin

Extraits des pages position épistémologique

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